Geneviève

30 May

En tant que présidente de l’Association québécoise des étudiants ayant des incapacités au postsecondaire, j’ai été aux faits d’une foule de défis auxquels nos membres doivent faire face, en lien avec leurs études et leur vie active. La question des ressources financières reste une problématique pour plusieurs, malgré les différents programmes gouvernementaux de financement en place.

On vit tous nos difficultés. Je suis de ceux qui croient encore que l’éducation est le poumon d’une société qui évolue. On gagne tous à ce que les jeunes étudient à la hauteur de leurs aspirations et de leurs capacités, tant du côté social, qu’économique. Je m’avancerais même pour dire qu’il en va ainsi pour le développement durable et responsable d’une société organisée.

Voici ma petite histoire… je suis issue d’une famille de la classe moyenne. Mon frère et moi, vivant avec des maladies neuromusculaires, avons un handicap moteur important : je suis quant à moi en fauteuil roulant depuis l’âge de 11 ans. Pendant que nous étions à la charge de nos parents, nous n’étions pas même éligibles aux prêts et bourses de l’Aide financière aux études du MÉLS. Pour ma part, cette période s’est prolongée jusqu’en 3e année de l’université, jusqu’à l’âge de 23 ans.

J’ai choisi d’étudier le génie mécanique, puis le génie de l’environnement, étant passionnée par les sciences et transportée par le désir d’appliquer la connaissance au service du bien commun. Mon choix de carrière a aussi été raisonné, en vue de maximiser mes chances de trouver de l’emploi et un revenu intéressant, m’assurant une qualité de vie.

Jusqu’au niveau universitaire, j’ai suivi un cheminement scolaire régulier. L’exigence des études en génie, travaux, examens, laboratoires, de paire avec mes limitations physiques, écriture ralentie, motricité fine réduite, mobilité, m’ont obligée à faire mes cours à raison de 4 par session au lieu de 6 normalement. Ainsi, j’ai pris 6 ans à faire un bac de 4 ans/120 crédits. Continue reading

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Marie-Eve: «La hausse me fait craindre pour les droits des personnes handicapées, étudiantes et autres»

5 May

Photo de Marie-Eve VeilleuxJ’ai terminé mes études en décembre 2010. Depuis, j’ai trouvé un emploi. Au début de la crise, je ne me sentais pas autant interpellée par la hausse des frais de scolarité que mes amis qui sont toujours étudiants. Oui, les décisions du gouvernement contredisent mes valeurs et mes idéaux pour le Québec, mais mon emploi du temps ne me permet plus de descendre dans la rue.

Puis… en rentrant du travail un soir, ce printemps, ça m’a frappé. C’est vrai! Je commence un nouveau programme à temps partiel en septembre. Et je n’ai plus accès aux prêts et bourses de l’Aide financière aux études en raison de mon revenu. Par conséquent, je vais devoir payer des frais de scolarité plus élevés qu’avant et par moi-même en pigeant directement de mon salaire. La hausse, si elle se réalise, rendra impossible la poursuite de cette spécialisation, car je n’arriverai pas à payer mes frais de scolarité. Où s’en va notre société du savoir?

Je viens d’un milieu plutôt modeste. J’ai beaucoup bénéficié de l’Aide financière pendant les huit années d’université que j’ai complété. Grâce à des batailles livrées par mes prédécesseurs, les personnes reconnues comme ayant une déficience fonctionnelle majeure peuvent voir leurs prêts transformés en bourses, car on le sait, les personnes handicapées ont de nombreux obstacles sur leurs chemins, ce qui diminue leurs perspectives d’emploi et rend plus difficile leur intégration sur le marché du travail.

En raison de mon handicap, je ne pouvais pas travailler pendant mes études. En raison de mon handicap, je devais habiter proche de mon université et assumer les coûts du loyer élevé. En raison de mon handicap, je devais choisir un logement accessible, également plus cher. En raison de mon handicap, je devais prendre moins de cours par session, donc allonger mon parcours universitaire et retarder mon entrée sur le marché du travail. En raison de mon handicap, j’avais besoin de services de preneur de notes, de locaux pour faire les examens en prenant des pauses, de logiciels de lecture, etc.

Par contre, qu’arrive-t-il pour une personne dont le handicap n’est pas reconnu par l’Aide financière aux études? Et pour une personne dont le handicap est difficile à diagnostiquer? Ces personnes doivent composer avec les mêmes obstacles auxquels j’ai dû faire face. Sans le soutien financier, ni la reconnaissance du gouvernement. Ces personnes devront encaisser la hausse des frais de scolarité en plus de la non-reconnaissance de leur handicap par le système d’éducation. Continue reading

Julie: «Je n’ai pas accès au programme de prêts et bourses et j’ai des revenus limités.»

1 May

Un accès aux études postsecondaires abordables m’a permis de réussir mon parcours scolaire. Par exemple, j’ai pu faire un changement d’orientation professionnelle, de l’enseignement vers la traduction. Ensuite, j’ai pu étudier à l’étranger afin de poursuivre mes études de deuxième cycle. Cela aurait été impossible sans un accès à des frais de scolarité abordables. Je vis avec une incapacité visuelle.

Maintenant, j’ai besoin de suivre une formation supplémentaire pour me perfectionner dans mon domaine, la traduction, mais je n’ai pas accès au programme des prêts et bourses et j’ai des revenus limités. Une hausse de frais de scolarité sera un obstacle majeur à mon cheminement professionnel. Je fais face à un autre obstacle d’ordre financier et physique : une grande difficulté à travailler à temps plein pour subvenir à mes besoins financiers et à étudier à temps plein, étant donné les efforts physiques considérables et nécessaires pour travailler, réussir des études et vivre avec une incapacité visuelle. Certes, les personnes handicapées reçoivent un crédit d’impôt pour personnes ayant une déficience fonctionnelle majeure afin de pallier les coûts liés à un handicap. Cependant, il s’agit d’un crédit d’impôt non remboursable, ce qui aide peu ou pas les personnes vivant avec un faible revenu.

Les étudiants ayant des incapacités dont le handicap n’est pas reconnu en tant que déficience fonctionnelle majeure et ceux n’ayant pas accès au programme des prêts et bourses font déjà face à des obstacles majeurs à la réussite de leurs études. Une augmentation des frais de scolarité, donc, des risques d’endettement, risque de rendre leur situation plus précaire. Dans un souci de préserver la démocratisation de l’accès aux études, il est important, selon moi, de mettre en lumière la situation et les défis vécus par les étudiants ayant des incapacités.

Recherche de témoignages d’étudiants et étudiantes et de diplômés en situation de handicap contre la hausse des frais de scolarité

12 Apr

Étudiants en situation de handicap contre la hausse - Manif du 22 mars 2012L’Association québécoise des étudiants ayant des incapacités au post-secondaire (AQEIPS) s’est prononcée contre la hausse des frais de scolarité le 21 mars dernier. Une hausse des frais de scolarité crée des nouveaux obstacles aux étudiants et étudiantes en situation de handicap.

Jusqu’à présent, les obstacles vécus par les étudiants et étudiantes en situation de handicap ont peu retenu l’attention.

Le temps en venu de se faire entendre!

Nous sommes à la recherche de témoignages d’étudiants et étudiantes et de diplômés en situation de handicap contre la hausse des frais de scolarité. Partagez les obstacles rencontrés lors de vos études post-secondaires. Ne vous gênez pas pour témoigner des possibilités qui se sont offertes à vous dans le cadre de vos études ou suite à l’obtention de votre diplôme.

Nous recherchons des témoignages de moins de 600 mots. N’hésitez pas à joindre une photo. Vous pouvez également nous envoyer votre témoignage par vidéo. Les témoignages seront publiés ici.

Envoyez-nous vos témoignages par courriel : aqeipscontrelahausse@gmail.com

Solidairement,

L’équipe de l’AQEIPS

425, Rue Sherbrooke Est #06

Montréal,   H2L 1J9

514 499 9451