En tant que présidente de l’Association québécoise des étudiants ayant des incapacités au postsecondaire, j’ai été aux faits d’une foule de défis auxquels nos membres doivent faire face, en lien avec leurs études et leur vie active. La question des ressources financières reste une problématique pour plusieurs, malgré les différents programmes gouvernementaux de financement en place.
On vit tous nos difficultés. Je suis de ceux qui croient encore que l’éducation est le poumon d’une société qui évolue. On gagne tous à ce que les jeunes étudient à la hauteur de leurs aspirations et de leurs capacités, tant du côté social, qu’économique. Je m’avancerais même pour dire qu’il en va ainsi pour le développement durable et responsable d’une société organisée.
Voici ma petite histoire… je suis issue d’une famille de la classe moyenne. Mon frère et moi, vivant avec des maladies neuromusculaires, avons un handicap moteur important : je suis quant à moi en fauteuil roulant depuis l’âge de 11 ans. Pendant que nous étions à la charge de nos parents, nous n’étions pas même éligibles aux prêts et bourses de l’Aide financière aux études du MÉLS. Pour ma part, cette période s’est prolongée jusqu’en 3e année de l’université, jusqu’à l’âge de 23 ans.
J’ai choisi d’étudier le génie mécanique, puis le génie de l’environnement, étant passionnée par les sciences et transportée par le désir d’appliquer la connaissance au service du bien commun. Mon choix de carrière a aussi été raisonné, en vue de maximiser mes chances de trouver de l’emploi et un revenu intéressant, m’assurant une qualité de vie.
Jusqu’au niveau universitaire, j’ai suivi un cheminement scolaire régulier. L’exigence des études en génie, travaux, examens, laboratoires, de paire avec mes limitations physiques, écriture ralentie, motricité fine réduite, mobilité, m’ont obligée à faire mes cours à raison de 4 par session au lieu de 6 normalement. Ainsi, j’ai pris 6 ans à faire un bac de 4 ans/120 crédits. Continue reading


